iDorian
Marijuana

Une nuit trop courte activerait les mêmes mécanismes que la prise de marijuana

D’après une récente étude, le manque de sommeil aurait le même effet que le cannabis : il filerait violemment la dalle en augmentant l’envie de manger des choses caloriques !

Vous l’avez sûrement un jour vécu : une nuit un peu trop courte donne des envies folles de nourriture. De nombreux papiers ont déjà démontré que le manque de sommeil augmente la sensation de faim (et par conséquent, le risque d’obésité) notamment en perturbant les hormones qui régissent l’appétit et la satiété, même si les mécanismes sont majoritairement multiples et complexes. Une étude supplémentaire, publiée en mars dernier dans la revue Sleep, confirme les précédentes, en démontrant qu’une nuit écourtée peut déclencher de gros changements dans la façon dont on s’alimente.

A l’université de médecine de Chicago, des chercheurs ont mené une étude modeste, bien qu’«extrêmement contrôlée», selon le Washington Post. Ils ont ainsi pu observer les comportements alimentaires de 14 individus (de sexe confondu). Dans le premier scénario, pendant 4 jours, les cobayes ont passé 8 heures et 30mn au lit, en dormant en moyenne 07h30 par nuit. Dans le second scénario, ils étaient privés de sommeil pendant 4 jours: seulement 04h30, pour un peu plus de 4 de sommeil en moyenne. Dans les deux cas, les participants se sont alimentés trois fois par jour : à 09h00, 14h00 et 19h00.

Il a été constaté que ceux qui ont subi une nuit raccourcie ont ingéré, en moyenne, 300 calories de plus par jour (composées de glucides et lipides) que les autres, et consommé presque deux fois plus de graisses. Rester éveillé plus longtemps semble donc pousser le corps à ingurgiter plus de calories pour obtenir d’avantage d’énergie mais les participants ont compensé bien plus que nécessaire (pour tenir quelques heures de plus). Ils ont d’ailleurs déclaré avoir ressenti beaucoup plus de faim, en se montrant moins capables de résister au buffet à volonté de friandises… «Ils avaient une forte envie de manger et pensaient qu’ils pouvaient manger plus», dixit Erin Hanlon, à l’origine de l’étude.

Parallèlement, les chercheurs ont observé l’appétit et les prises alimentaires, tout en étudiant les substances présentes dans le sang des personnes testées, comme la ghréline (hormone qui stimule l’appétit) ou la leptine (hormone de la satiété). Et c’est là que réside le point clef de l’étude : l’analyse des niveaux de substances d’endocannabinoïdes, notamment de 2-arachidonylglycérol (ou 2-AG). Il s’avère que le système endocannabinoïde « est supposé avoir un impact sur l’appétit, mais aussi sur l’apprentissage moteur, la douleur et certaines fonctions cognitives, et il est visé par les principes actifs de la marijuana ».

Chez les cobayes frais et dispos, les niveaux de 2-AG ont augmenté en matinée pour atteindre un pic en milieu de journée, pour ensuite diminuer. Mais pour les autres, en manque de sommeil, les niveaux endocannabinoïdaux ont augmenté de 33% de plus, en atteignant un pic vers 14h00, pour ensuite rester assez élevé jusqu’à 21h00.

Le tout correspondant aux envies de manger des cobayes fatigués : «nous savons que la marijuana active le système endocannabinoïde et amène les gens à trop manger quand ils n’ont pas faim, et ils mangent généralement des choses grasses et sucrées délicieuses. […] La restriction de sommeil pourrait causer une suralimentation en agissant de la même manière».

Erin Hanlon conclue sont étude en précisant que ses «résultats suggèrent que l’activation du système endocannabinoïde peut être impliqué dans la prise alimentaire excessive dans un état de dette de sommeil, et peut contribuer à augmenter le risque d’obésité associé à un sommeil insuffisant». Selon la chercheuse, il faudrait plus prendre en compte les risques de l’accumulation de manque de sommeil, étant donné les changements importants observés en seulement quatre jours: «le grand message fondamental, c’est que la restriction de sommeil et la déficience de sommeil ont été associés à de multiples résultats délétères.»

En attendant, vous pouvez tenter de garder la pêche avec une tasse de café à la weed, ou bien commander vos petites graines sur le site ecommerce ! C’est quand même plus fun !

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.