iDorian
Time

Parce qu’il n’est jamais trop tard…

Je lisais une question sur Quora il y a quelques jours intitulée « J’approche la trentaine et je n’ai rien accompli. Est-il trop tard » ? C’est un peu la mode en ce moment, de se demander si l’on a raté le coche, s’il est encore temps. Très symptomatique de l’air du temps. D’ailleurs, je me pose moi aussi la question…

Toujours est-il que le flot de réponses (et surtout leur qualité) est impressionnant. La majorité des contributeurs avoue ne pas avoir accompli grand chose durant leurs « jeunes » années. Et là où ça devient encore plus intéressant, c’est que les « grands » de ce monde (dans divers domaines), ne se sont réalisés que très tard. Par exemple :

Rodney Dangerfield n’a réussi à se réaliser dans la comédie qu’à l’âge de 40 ans. L’un des personnages les plus drôles de ce siècle n’était qu’un vendeur de parements en aluminium. Puis il décida de monter son propre comedy club, Dangerfields, pour se produire en tant que comédien. Il s’est fait confiance, il a tout misé sur lui-même. À 40 ans.

Ray Krock était un vendeur de milkshake jusqu’à ses 50 ans. Puis il rentra un jour dans un restaurant qui servait de délicieux hamburgers, détenu par deux frères nommés McDonald. Restaurant qu’il décida d’acheter – à 52 ans – pour connaître le succès qui s’en suivit.

Henry Miller écrivit son premier roman, Tropic of Cancer, à l’age de 40 ans.

Raymond Chandler, un des maîtres incontestés du roman noir, écrivit son premier roman à l’âge de 52 ans. Franck McCourt, qui remporta le prix Pulitzer pour son premier roman « les cendres d’Angela », rédigé à 66 ans. Julia Child, quant à elle, a écrit son premier livre de cuisine à 50 ans.

Un des plus grand auteurs/illustrateurs de tous les temps : Stan Lee, créa l’intégralité de l’univers qu’on lui connaît (l’univers Marvel – Spiderman, les 4 fantastiques, les Avengers) lorsqu’il avait 44 ans.

Le Taser, a été inventé par Jack Cover lorsqu’il avait 50 ans. Il n’en a d’ailleurs vendu aucun jusqu’à ses 60 ans.

Pour les gastronomes, certains d’entre-vous sont sûrement familiers avec le Zagats – définir – créé par Tim Zagat, qui abandonna sa carrière d’avocat afin de s’adonner à la création de son bouquin lorsqu’il avait 51 ans.

Harry Bernstein a vu ses publications rejetées en masse (dont « The Invisible Wall) par les maisons d’édition. Son mémoire n’a été publié alors qu’il avait 93 ans. Il affirme d’ailleurs volontiers : « Si je n’avais pas vécu jusqu’à mes 90 ans, je n’aurais jamais pu écrire ce livre. Dieu seul sait le potentiel que possède chacun de nous, puissions-nous tous vivre aussi longtemps ».

Peter Roget a passé la majorité de sa vie à exercer le métier de docteur, de manière assez médiocre, jusqu’à ce qu’il soit forcé à prendre sa retraite à 70 ans. Puis naquit une obsession pour les mots, les synonymes, les sens. Ainsi apparu le Roget’s Thesaurus (un dictionnaire thématique extrêmement utilisé dans les pays anglophones), qu’il rédigea à l’âge de 73 ans.

Pour les nombreux individus qui ont un jour été étudiants, en se nourrissant exclusivement de ce met si spécial que sont les nouilles chinoises; il faut savoir que son créateur – Momofuku Ando – ne les a conçues qu’à l’âge de 48 ans.

Charles Darwin a toujours vécu hors des standards de son siècle. Il colectionnait volontiers les plantes et les papillons des îles lointaines du Pacifique. Et puis il écrivit « De l’origine des espèces » à l’âge de 50 ans.

Henry Ford ne rencontra pas le succès escompté lorsqu’il développa son premier modèle de Ford T, à l’âge de 45 ans, car la productivité n’était alors pas assez efficace sur la chaîne d’assemblage. Ce qu’il corrigea à 60 ans, grâce au Fordisme qu’on lui connaît.

Tout ça pour dire que, même si chacun d’entre-nous n’est pas destiné à créer « the next big thing », je reste persuadé qu’on a tous un rôle à jour sur Terre. Et que tout peut se jouer au crépuscule de notre vie.

À force de tomber, et de me relever, et de survivre, je me demande si avoir un but est vraiment une fin en soit. On dit souvent que le voyage importe plus que la destination en elle-même. Peut-être que le bonheur se résume au voyage après tout.

En attendant, j’ai 25 ans et je continue à crapahuter – sans but précis – la fleur au fusil, à l’affût du bonheur, en sachant que j’ai encore le temps.

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.