iDorian

Mais pourquoi tu joues encore à WoW ?!

Alors que l’effervescence dédiée à la nouvelle extension Warlords of Draenor s’est enfin tarie, j’aimerais me pencher quelques instants sur mon rapport au jeu. World of Warcraft a fêté ses 10 ans, je vais fêter mes 26 ans, et pourtant, je joue toujours avec autant d’enthousiasme et d’excès. Pourquoi ?

En novembre dernier, je lisais sur Polygon un papier de Philip Kollar, intitulé « Atteindre le niveau 100, un événement marquant dans ma vie« . Le titre peut prêter à rire, avec l’opposition d’une réussite certaine entre la réalité et du virtuel, et pourtant, pour de nombreux joueurs qui ont été nourri à l’Azeroth depuis tout jeune, c’est un constat frappant.

En guise d’apéritif, et pour ceux qui ne se sentiraient pas d’humeur à lire l’article dans son ensemble, je vous propose l’excellent « Honest Trailer » dédié au MMO le plus joué de tous les temps. Je pense que la vidéo parle d’elle-même !

D’abord une histoire de contenu

Le contenu de Wow est certainement sa force première. Le lore (l’histoire) est très riche et chaque extension apporte son lot de nouveautés, avec une certaine continuité. J’ai toujours adoré l’Heroic Fantasy (très grand fan de Gemmel), et les bouquins établis sur le lore de WoW –  principalement pondus par Golden & Knaak – sont excellentissimes (en version originale uniquement, parce que les traductions françaises sont illisibles).

Les personnages sont charismatiques au possible (autant du côté de l’Alliance que de la Horde, mais si j’ai toujours joué chez les gentils). Chacun s’identifie volontiers à un héros, ou une héroïne. Pour ma part, je voue un culte particulière à la longue descente aux Enfers d’Arthas (qui me fait un peu penser à la dépression), qui prend vraiment aux tripes. Ou bien Jaina Portvaillant, et particulièrement son changement radical après le bombardement de Théramore. Ou encore Yrel, récemment introduire dans Warlords of Draenor, qui incarne le renouveau héroïque des Draeneï.

Tout ça pour dire que l’immensité du background de WoW fait que l’univers en lui-même suffit à tenir en haleine n’importe quel joueur un tant soit peu intéressé par les légendes. Sachant que je ne me suis penché que sur le lore papier. En jeu (depuis Warcraft, premier du nom), les quêtes et les personnages sont encore plus aboutis. L’univers est comparable à celui de Tolkien ou de Martin, en terme de richesse et de grandeur. Je retiens d’ailleurs une réaction que j’ai lue sur les forums américains (attention au spoiler) :

« Just watched Maraad die. Blizzard YOU BASTARDS! Did Blizzard hire George R. R. Martin? I don’t remember reading that anywhere!!! »

Aussi une question d’évasion

Malgré ma centaine de jeux sur Steam, quasiment aucun n’arrive à me faire voyager autant que WoW peut le faire (sauf peut-être Fable 3, et encore). La diversité des paysages est affolante, et certains endroits apportent une paix immense. Je pense notamment à la très familière forêt d’Elwynn, ou aux contrées éloignées de Nagrand, dans lesquelles je peux passer des heures à contempler le ciel. Dalaran, la cité des mages, est d’une beauté exceptionnelle, tandis que la froideur et la magnificence de la couronne de glace est presque palpable. Sans oublier la ferme de Micolline, que j’affectionne tout particulièrement.

Nagrand

Un sentiment de complétion

La progression dans WoW est l’une des choses qui m’excite le plus. J’ai des dizaines de personnages, et je ne me lasse jamais de recommencer encore et encore. Le ding (passage de niveau) est toujours aussi excitant, avec ce bruit et cette lumière caractéristique, et l’implication est très souvent récompensée (et proportionnelle au temps de jeu). Le jeu est d’ailleurs impossible à terminer. Le niveau maximal atteint apporte un tout nouveau mode de jeu, et même si le PVE HL peut techniquement arriver à sa fin, il reste le PVP, puis les hauts-faits : exploration, mascottes, quêtes.

J’entends souvent des joueurs se plaindre de la monotonie du jeu, ou de leur ennui, et je ne comprends pas. Toutes les classes sont vraiment différentes (je n’ai d’ailleurs jamais touché de guerrier ou de voleur pour ma part), et apprendre à maîtriser une bonne partie d’entre-elles est vraiment un challenge.

Noomi

Pour en revenir au sentiment de complétion, et pour faire un parallèle avec la vie, même si tu es extrêmement procrastinant, le jeu t’apporte une forme de satisfaction. Chaque action apporte une récompense, et lorsque on me gueule dessus du genre « t’as rien foutu de la journée ! », je réponds volontiers que j’ai pourtant pêché une centaine de hokis des flots noirs, que j’ai conquis un continent à moi-seul, et que j’ai terrassé les ogres qui hantaient Cognefort. Oui, je me sens utile dans un univers virtuel, so what?

Ce qui est assez marrant finalement, c’est ce contraste avec la réalité. Dans le jeu, l’effort paye à chaque fois. Tandis qu’en réalité, ce n’est pas toujours vrai. De là à se réfugier en Azeroth pour toujours, je ne crois pas, mais l’évasion, même rapide, fait énormément de bien. Certains adolescents fragiles vont d’ailleurs naturellement vers le jeu vidéo pour fuir une réalité douloureuse : triste et réconfortant à la fois.

La communauté

On dit souvent que la communauté de WoW est gamine et pleurnicheuse, et j’ai envie de répondre pas forcément. Les plus bruyants ne sont pas nécessairement les plus nombreux. Et les joueurs ont grandi au fil de l’extension, ce qui fait que la moyenne d’âge est bien plus avancée que ce que l’on croît. Je suis par exemple dans une guilde de trentenaire, ce qui m’a surpris de prime abord. Mais tous sont des joueurs qui ont commencé il y a une dizaine d’années, et qui n’ont jamais vraiment lâché.

Les rencontres sont pour la plupart formidables, et les histoires ne manquent pas. Certains se sont mariés, certains se sont battus contre la maladie à l’aide de WoW et d’autres rendent hommage à leur compagnon tombé au combat (reddit link here).

Bref, si vous n’avez jamais compris pourquoi WoW est une phénomène d’envergure, je vous invite à regarder ce petit reportage pondu par Blizzard Entertainement, qui résume assez bien l’ampleur (et surtout la beauté) de la chose !

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.