iDorian
lonely boy

Célibat et solitude, le nouveau mal du siècle ?

La société actuelle ne cesse de se complaire et de s’ancrer dans un individualisme majeur, où le nombrilisme et l’égocentrisme sont rois. Parallèlement, la surcouche sociale virtuelle parsème l’illusion d’une hyper connexion, partout, tout le temps. Et pourtant, nous sommes bel et bien seuls…

Alors que la société tend à être de plus en plus connectée, le constat reste accablant : la solitude progresse dans l’hexagone et toucherait plus de 5 millions de Français. Même si le phénomène s’exerce surtout chez les plus âgés, il n’épargne pas non plus les jeunes, qui se complaisent alors sur les sites de rencontre et les réseaux sociaux.

L’illusion du contact humain

Dans son projet de fin d’études au Shenkar College of Engeneering and Design, Shimi Cohen a mis en lumière – au travers d’une vidéo – le phénomène selon lequel notre addiction aux réseaux sociaux nous fait perdre le sens du véritable contact humain. Selon lui, les réseaux sociaux nous donneraient l’illusion d’être en contact avec notre sphère d’amis, mais la réalité est tout autre : sous couvert de sociabilisation, nous n’en faisons usage qu’à travers le personal branding (que d’autres appellent volontiers personal branling), pour créer notre propre publicité – en contrôlant sans cesse notre image – au lieu de s’atteler à construire de “vraies amitiés”.

Le consumérisme pseudo-relationnel

Les applications et les sites de rencontre n’ont bien sûr par omis de surfer sur la vague de l’hyper-connectivité, mais surtout sur ce sentiment d’isolement. Les sites pour célibataires – dits classiques – tels que Parship défendent corps et âme la notion d’affinité. Mais un phénomène de consumérisme prend peu à peu le dessus.

Initiée par AdopteUnMec en 2007 (plateforme qui instrumentalise au possible l’homme, et qui bizarrement ne fait pas gueuler pour un sou), la tendance a peu a peu glissé vers le mass-matching et la géolocalisation. Je pense notamment à Tinder et Grindr, leaders sur le marché, qui jouent finalement le rôle de supermarchés de la rencontre, avec une tendance excessivement basée sur le plaisir et le sexe, qui prime violemment sur le côté sentimental.

En outre, une théorie est née en ce qui concerne toutes ces plateformes : elles contribuent à votre célibat. En résonance avec la fameuse étude de la confiture, l’étude du paradigme conclue que nous n’aimons pas avoir trop de choix, l’effort mental qui est demandé pour prendre une décision dans ces conditions est trop important. En bref : vous resterez célibataire en allant sur les sites de rencontre.

De nouvelles formes de relation

Peu à peu, la notion-même de « couple » s’estompe pour laisser place à de nouvelles formes de relation. Les témoignages ne manquent pas et dénotent d’une recherche épicurienne globale, plutôt que d’un retour à la stabilité. On est volontiers libertin, libéré. Et pourtant, comme je le rappelle dans le désormais célèbre petit guide du sexfriend : il s’agit bien d’une relation déguisée, qui peut même s’immiscer au sein d’une relation déjà existante et devenir moralement discutable.

La sociologue Eva Illouz pose d’ailleurs la question :  la notion de couple (classique) est-elle utopique ? Selon elle, le couple (tel qu’on l’a connu) mérite d’être défendu car il prendrait le contre-pied de l’idéologie dominante :  « le couple monogame est sans doute la dernière organisation sociale à résister aux principes du capitalisme. Un couple prend de facto position contre la culture de maximisation du choix, contre la conception du moi comme lieu permanent de sensations fortes, de jouissance et d’épanouissement personnel ».

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.