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Tokyo Godfathers, le Noël des miracles

Si votre quotient de culture manga est aussi élevé que votre température corporelle, pas d’inquiétude ! Aoi prend la plume et revient en détails sur les chefs-d’oeuvre (et leurs auteurs) qui ont marqué l’animation.

Dans la lignée de notre semaine dédiée à Satoshi Kon, lumière sur l’une de ses réalisations majeures sortie en 2003, un film d’animation de circonstance puisqu’il se déroule durant la période de Noël, j’ai nommé : Tokyo Godfathers.

Au niveau scénaristique, l’intrigue de Tokyo Godfather tourne autour de trois sans-abris tokyoïtes qui vont trouver le soir de Noel un bébé, abandonné parmi les poubelles. Hana – transsexuelle au coeur maternel – voit cela comme la réalisation de son rêve de toujours et désire garder l’enfant. Ses compagnons, plus réalistes, savent que le nourrisson ne pourra pas survivre mais décide néanmoins de l’accueillir le temps de retrouver ses parents. S’en suit alors un périple à travers la ville, où nos héros vont aller de rencontres en rencontres, entre rêves brisés et flashbacks saisissants.

Oeuvre profondément noire, la dureté de celle-ci ne transparaît pas comme dans Perfect Blue (1997), bien que la confrontation au réel soit omniprésente : les assassinats redondants du premier film d’animation de Kon sont ici remplacés par une abondance de morts et de blessés, qui interagissent sans cesse avec les protagonistes. Moins abrupte psychologiquement (même si l’histoire de Miyuki reste particulièrement dure pour un jeune public),  la trame est grandement allégée par la personnalité de Gin et Hana.

La thématique du rêve, très chère à Satoshi, est ici bel est bien présente, incarnée par Hana qui souhaite devenir une véritable (et pouvoir enfanter), mais aussi par l’incarnation de la mère, qui tente d’échapper à sa tragédie de manière onirique. Le mensonge force également le trait, en particulier le caractère mythomane de Gin, qui tente le tout pour le tout afin de fuir les responsabilités qui lui incombent.

Tokyo Godfathers

Il faut savoir que le film se vit décerner le Grand Prix de l’Animation par le quotidien nippon Mainichi Shimbun en 2003, et je ne peux que vous encourager à le regarder, ça vous changera de « Maman, j’ai râté l’avion » ou « le Père Noël est une ordure ».

P.S. : un grand merci à Kasai, Fredericayang,  StressedJennySnootsville, et Wisp pour le clin d’oeil !

L'auteur : Aoi

Illustratrice et étudiante en communication visuelle et rédactionnelle. Spécialiste du cosplay et du DIY, qui apporte fièrement la "girly touch" qui manquait à ce blog ! Griffe et mord lorsqu'en manque de glucose.