iDorian
Fuck this shit!

Parce que tu t’en bats les couilles…

Louis-Ferdinand Céline statuait qu’on perd la plus grande partie de sa jeunesse à coup de maladresses. Socialement parlant, tout le monde peut d’ailleurs en attester. Et si la solution résidait dans le fait de s’en battre les steaks ?

Quand tu te rends compte que ça fait quasiment un quart de siècle que tu évolues sur cette planète et que tu fais soudainement ton bilan, c’est un peu comme quand tu te cognes le petit doigt de pied dans la putain de commode Ikea au réveil : ça ne prévient pas, ça surprend et ça fait super mal. Tu réalises que ça fait 25 piges que tu fais gaffe à quasiment tout ce qui t’entoure, que t’as sacrifié une bonne partie de ta misérable vie pour « les autres », à essayer de leur plaire, à éviter de les offenser, à te demander si tu étais bien perçu…

Et puis un matin tu te réveilles, et tu n’es juste plus le même. Ras-le-bol, burnout, ou simple prise de conscience, tu réalises que Sartre avait raison : « l’enfer, c’est les autres », et qu’il serait peut-être temps de privilégier ton bien-être : tu n’es plus que l’ombre de toi-même, un paquet de nerfs, complètement effacé, qui se demande ce qu’il fout là. Comme dirait l’autre : « this madness has to stop », tout simplement parce que : tu t’en bats les couilles !

Je ne compte plus le nombre de potes qui sont dans leur phase « j’sais pas ce que j’ai », complètement paumés, incapables de mettre des mots sur leur mal-être. Mais à un moment donné, faut peut-être se sortir les doigts les gens. Quand tu es dans un état dépressif, c’est pas ultra easy je te l’accorde, mais sans action, pas de réaction. Et en dépit du fait que l’image que tu me renvoies quotidiennement dans la gueule est super terne, que j’accorde autant d’importance au fait tu ressasses ta vie foireuse à outrance qu’à la discographie de Georges Moustaki, alors que je t’ai exposé mille fois la solution au problème… Il n’y a qu’un remède, unique, et vrai : s’en battre les couilles.

Parce que les gens te jugeront quoiqu’il arrive

Non, tu ne peux pas plaire à tout le monde. Certaines personnes n’aiment pas ta gueule, et tu sais quoi ? Tu n’y peux juste rien. Tu peux essayer indéfiniment, la seule chose que tu feras sera de renforcer leur dégoût à ton égard. A contrario, si tu vis ta life sans te soucier de la manière dont tu es perçu, c’est à ce moment là que les gens commencent à te respecter.

Il te suffit de prendre conscience que l’hypocrisie est une réalité contre laquelle tu ne peux pas lutter. Et paranoïa mise à part, la majorité des gens sont excessivement nombrilistes et n’en ont en fait rien à foutre de toi. C’est un fait : le monde est vaste, tu es un grain de sable : mets de côté les néfastes et commence à vivre ta vie comme tu l’entends.

Parce que tu n’as pas besoin que tout le monde t’apprécie

Même si se sentir aimé procure un certain plaisir, tu n’as pas besoin que la Terre entière t’adule. Comme mentionné précédemment, les gens savent à peine que tu existes, et certains d’entre-eux vont se permettre de te juger,  inévitablement. Encore une fois : et alors ?!

Si ça t’affecte vraiment, regarde déjà d’où ça vient. En général, le fait de prendre deux secondes de ta vie pour te pencher sur l’origine d’un jugement suffit à t’en prémunir. Les grosses bouches qui déversent leur fiel sont en général pathologiquement dérangées, socialement instables et dénués de tout intérêt, sans s’en rendre compte ! Je cite du Bernard pour que vous compreniez la démarche : être bête présente cet avantage que soi-même on ne s’en aperçoit pas.

Si ça ne te suffit pas, demande-toi ce qui arrive quand quelqu’un ne peut pas te blairer… Rien ! Absolument rien. Le monde ne va pas s’arrêter de tourner. Mieux que ça, plus tu t’abstiens de leur accorder du crédit, mieux tu t’en porteras. N’oublie pas que le silence est le meilleur des mépris, sans oublier qu’il vaut mieux ne rien dire et passer pour un con que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet.

Il est dit que la plus belle des revanches est une vie bien vécue. C’est en partie vrai (même si sur le plus beau trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul), et inaccessible si tu t’entêtes à en découdre avec tes détracteurs, ou si tu t’affectes pour une raison sur laquelle tu n’as aucune prise. Une grenouille de bénitier te dirait que l’acceptation est la plus sage des voies, tu acceptes et tu vas de l’avant. Moi je te dis bullshit : l’indifférence est le secret du bonheur, tu t’en bats les couilles, et p’is c’est tout.

Parce que c’est ton entourage qui compte

Donc on récapépette : la majorité des gens sont à peine au courant du fait que tu existes, et tu es conscient que ceux qui n’aiment pas ta gueule sont une minorité dont tu te fais le devoir de te foutre au plus haut point. Génial. Cependant, le désintérêt généralisé n’est pas non plus la solution à tout. Certaines choses peuvent et doivent compter à tes yeux. C’est notamment le cas de ton entourage, des gens qui te veulent du bien.

Alors oui, les interactions sociales et les relations en général sont cheloues.  Une fois le lien établi, on a trop tendance à considérer la relation stérile, et on va tout faire pour impressionner quelqu’un d’autre. Une fois le nouveau lien créé, on passe au suivant, etc : bienvenue dans le cercle vicieux de l’apathie (pas Jean-Michel, non, l’absence de sentiments !). La tendance veut qu’on tende toujours vers la nouveauté – un matérialisme social – plutôt que de peaufiner ce que l’on a déjà.

La grosse différence, c’est que ton entourage te comprend, comprend ta quête, et comprend ta cause. Ton entourage est composé d’êtres avec lesquels tu aimes passer du temps, avec qui tu te sens bien, avec qui tu ris, en étant toi-même. Le partage, le ressenti, l’échange. C’est ce vers quoi il faut tendre. Ils sont important. Et c’est le seul moment où tu m’entendras te dire que tu NE DOIS PAS t’en battre les couilles, mais au contraire, les embrasser.

Parce que ceux qui ont réussi s’en foutent

Au quotidien, lorsque tu te bornes à un obstacle, 99% de ce dont tu as besoin pour passer outre réside dans : le fait de mettre le doigt dessus, puis de réaliser que ce n’en est pas un. Le problème n’existe pas (la cuillère non plus, d’ailleurs). Peu importe ce que tu entreprends, ou ce à quoi tu fais face, l’indifférence à l’obstacle, au négatif, est la voie du salut.

Encore une fois, la part de libre arbitre est totale : soit tu fais abstraction des choses futiles, des choses qui te perturbent; soit tu t’épuises à solutionner les problèmes que tu crées. La vie est plutôt courte, ton temps est limité, et la pire chose que tu puisses expérimenter est probablement le regret. Tu as le choix, entre vivre ta vie, et atteindre tes buts. Ou contempler une existence faite de contres, dénuée de sens. Rien ne sert de pisser si on n’en a pas envie.

Par extension, le rapport à l’échec peu très bien se gérer via l’indifférence. Avec parcimonie. Se péter la gueule ne fait jamais plaisir. Cependant, c’est classique, courant, et tout le monde y est exposé. On s’est tous un jour senti looser ou terriblement seul, même les plus grands de ce monde. Tout est une question de dosage, un peu comme la notion de frustration. Il est plus gratifiant d’accomplir après avoir échoué des dizaines de fois, et ta capacité à aller de l’avant réside dans le fait que tu t’en es battu les couilles d’avoir échoué. Le sentiment, le but, la passion, peu importe le palliatif, est complémentaire et nécessaire.

Parce que tu t’auto-détruits

D’expérience, à chaque fois que je dialogue avec une victime du « j’sais pas ce que j’ai », je m’entends dire « c’est la faute des autres ». Oui tu as le droit d’être agoraphobe et asocial. Mais non, ce n’est pas la faute des « autres ». C’est la tienne.

On a tous tendance à s’auto-réguler, principalement en accord avec notre éducation, les conventions sociales, et les influences extérieures. Le danger réside dans l’auto-régulation excessive. Respecter l’étiquette et l’autrui est nécessaire, mais encore une fois, pas au détriment de qui tu es.

A force de t’auto-réguler, tu tombes dans une absence totale de mouvance, dans laquelle tu te dépersonnifies au possible. Tu ne peux que t’en prendre à toi-même. Tu as le choix, tu es maître de ta personne. A toi d’agir en conséquence.

L’auto-régulation est assimilable à un œil, qui observe, et qui observe seulement. Tes actes et les responsabilités qu’ils impliquent restent à ta solde. Assume qui tu es, assume tes choix, et arrête de remettre la faute sur « les autres ».

Parce que tu peux retrouver ton amour propre

Le regarde des autres n’existe pas

Bon nombre d’entre-nous sont terrifiés à l’idée du regard des autres. Les nanas ne sortent jamais sans maquillage, les mecs sans gel dans les cheveux, on a tous peur de passer pour un con, et quand on se pète doucement la gueule en cavalant pour chopper le bus, on vérifie bien que personne ne nous ait vu. Je trouve ça lamentable.

Si tu t’assumes un minimum, tu peux très bien te respecter et être qui tu es. Exemple récent : 09h du mat, lendemain de soirée, il faut que je bouge la caisse pour éviter la fourrière. J’ai 15 minutes, je suis encore en train de décuver – je rappelle au passage qu’il  vaut mieux être saoul que con, ça dure moins longtemps – pas coiffé, marque de l’oreiller sur la face. Je suis vêtu d’un onesie Pikachu (mes fringues dispersés dans un rayon de 5km autour de chez moi). Soit. J’ai donc traversé le plus nonchallament du monde une place bondée, un dimanche de Noël, pour aller retrouver ma bagnole au parking. La majorité des gens n’ont pas tilté, certains ont tourné la tête et d’autres ont ri. De toutes façons ils m’auront oublié le lendemain.

Morale : le regard des autres n’existe pas, c’est ton auto-régulation qui t’handicape, et souvent de manière ridicule. Tu as le droit de yoyoter de la touffe tant que tu veux, et encore plus en présence d’autrui.

Embrasse ton originalité

Même si Montaigne insistait sur le fait de se rappeler que « nous sommes uniques, comme tout le monde », je ne comprends pas qu’on puisse se complaire dans un moule social. Si tu te sens différent, que tu agis différemment ou qu’on t’étiquette « différent », prends-ça comme une fierté, pas une tare.

Encore une fois, tout est question de respect envers toi-même. Du moment que tu ne cultives pas ton originalité pour attirer l’attention (cf. gothiques, émos et j’en passe), la démarche est saine. Même si tu n’as rien accompli, tu peux tout à fait te sentir spécial. C’est légitime : « celui qui parti de rien, est arrivé à pas grand chose, n’a de merci à dire à personne. ».

Quant au comportement à adopter, tu as le choix entre l’indifférence caractérisée, l’agression passive, ou le retour exponentiel (si on te pousse, tu pousses deux fois plus fort). Personnellement, je penche pour m’en battre les couilles en silence, aux vertus méprisantes et relaxantes : « de tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui le font en silence. ».

N’érige pas de barrières

Au vu de la chiée de barrières sociales, civiles, pénales, fiscales et j’en passe (vous remarquerez que tout ce qui se rapporte de près oui de loin à la société finit par « ale », comme dans « anal » #JDCJDR), ériger de nouvelles barrières est suicidaire et inutile.

Tu as le choix, dans tous les domaines. Tu t’habilles comme tu veux, tu bosses où tu veux, tu fréquentes qui tu veux, tu achètes ce que tu veux, et tu baises avec qui tu veux. Assume juste les conséquences de tes actes, mais personne n’a le droit de t’imposer quoique ce soit.

Suis le chemin de la vérité

Toute vérité n’est pas bonne à dire, mais fermer sa gueule à outrance n’est pas non plus optimal. Sans devenir le parfait trou-du-cul, tu peux tout à fait exprimer ton propos, réfuter un argument, ou tout simplement appeler à ce qu’on te respecte. Et même si tu t’en bats les couilles, il faut parfois noircir le trait et agir. Trop de gens prennent pour acquis le silence comme une marque de statu quo.

Embrasser la vérité, c’est aussi éviter de jouer aux mentalistes. Dire/accepter la vérité implique de voir la vérité, sans ajouter une couche de « je suspecte », « je ressens », « je crois », « il est possible ».

Cesse de survivre, et commence à vivre

Quand tu commences à t’en battre les roustons comme il faut, c’est aussi à ce moment là que tu entrevois la vie différemment : tu découvriras que tout le monde n’est pas con, que certaines personnes en valent la peine, que tu es passé à côté de pas mal de choses et que tu kiffes te lever le matin.

Remémore-toi souvent le proverbe chien, mantra du désintérêt par excellence : si ça ne se mange pas, si ça ne se baise bas, pisse dessus !

Et rappelle-toi aussi qu’on a  juste la vie qu’on veut mener. Apprends à te connaître, assume le fait que tout ce que tu sais c’est que tu ne sais rien, et que le jus de citron est fait de saveurs artificielles alors que le liquide à vaisselle est fait de vrais citrons.

Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais. C’est ce à quoi se résume la quête du bonheur. Et s’il ne vient pas à toi, rien ne t’empêche d’aller à lui.

Allez, ramasse ton amour propre et ta paire de burnes, enfile ton onesie, tes crocs’, et file acheter tes clopes !

De toute façon, tu t’en bats les couilles…

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.