iDorian
Ki Sho Ten Ketsu : les quatre piliers de la création dans le monde du manga

Ki Sho Ten Ketsu : les quatre piliers de la création dans le monde du manga

Le processus de création, quelque soit le domaine où il prend sa source, obéit implicitement à une organisation bien définie. C’est d’autant plus vrai dans l’univers du manga, où quatre principes antiques sont encore utilisés de nos jours afin de construire l’ensemble de l’oeuvre de manière homogène.

Prenant ses sources dans la poésie chinoise, le principe du Ki Sho Ten Ketsu a longtemps été plébiscité par la communauté des mangakas comtemporains : je pense notamment à Osamu Tezuka, ou Akira Toriyama pour ne citer qu’eux.

Malgré le caractère très spécifique de ce processus de création, je pense très sincèrement que l’on peut aisément le transposer à d’autres domaines créatifs, qu’il s’agisse des arts graphiques, plastiques, ou numériques. Jugez par vous-même :

Ki, l’introduction de l’idée

La première étape permet évidemment de poser les bases, en établissant le contexte, la scène, et les premières interactions entre protagonistes. Ce processus d’introduction (Ki) force le mangaka à définir un plan d’ensemble, à l’aide de la case d’ouverture, qui fixe les prémices du récit (lieu, univers, ambiance).

Cette étape peut être appliqué à tous les univers créatifs : vous aurez toujours besoin de poser les bases pour avoir l’opportunité de suivre des traces, même minimes. Sans un minimum de cadre, votre projet ne peut tout simplement pas être mené à bien, et risque de se voir avorté dans la confusion, le hors-sujet ou la perdition.

Sho, le développement de l’idée

Cette seconde étape se concentre sur l’élaboration du suspense de l’histoire, basée sur les personnages et concepts établis durant l’étape du Ki. Les personnages ont été présentés au lecteur, avec un bref contexte. Il s’agit désormais d’éveiller la curiosité. Lors du Sho, le rythme du scénario doit s’accélérer progressivement. Cette section est cruciale, car si l’intérêt n’est pas suggéré, les lecteurs ne seront pas animés par l’envie de suivre leurs aventures.

Encore une fois, en transposant cette étape dans un autre univers créatif, on remarque bien un chose : susciter l’intérêt est primordial. Qu’il s’agisse d’une ligne éditoriale, d’une charte graphique ou d’une oeuvre d’art, toutes doivent susciter une certaine envie, un attrait, une curiosité. Sans ça, tomber dans l’oubli et le désintérêt et chose aisée.

Ten, l’aspect dramatique

À la troisième étape, l’intérêt suscité durant le « Sho » doit se transformer en élément de surprise. Il s’agit toujours de conserver l’attrait du lecteur, tout en poussant le vice à son maximum. C’est l’étape primordiale ou le récit arrive à son point culminant, et où vous tenez en haleine le lecteur.

Plus difficile à mettre en oeuvre dans les arts statiques, éveiller la surprise n’en reste pas moins un élément sur lequel vous devez tout miser. Par exemple, sur un design web, surprenez sur visiteur avec une fonctionnalité cachée. De même, en print, surprenez votre prospect avec un effet inattendu : un relief, un vernis sélectif, une image stéréoscopique.

Ketsu, la touche finale

La quatrième étape termine naturellement l’histoire. Alors que certains privilégient la logique, et achèvent l’histoire en résolvant le problème de manière totale, d’autres choisissent de laisser planer l’intrigue.

Je pense très sincèrement que toute oeuvre doit laisser une part d’interprétation personnelle, tout en s’assurant de donner à voir une impression aboutie, une oeuvre finie mais mystérieuse n’est pas incompatible.

Il est peut être temps modifier légèrement votre processus de création et d’ utiliser ces quatre piliers lors de votre prochaine oeuvre d’art. Les essayer, c’est les adopter !

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.