iDorian
L’Enfer est-il exothermique ou endothermique ?

L’Enfer est-il exothermique ou endothermique ?

De nombreuses légendes urbaines sont souvent associées aux examens scolaires, périodes pendant lesquelles les étudiants sont sujets à une inspiration particulière, comme par exemple celle du paradigme de l’enfer. Retour sur un mythe séculaire !

Tout le monde ou presque connaît le mythe de l’épreuve de philosophie, selon lequel un étudiant aurait rendu une copie blanche suite à la question « Qu’est-ce qu’oser ? », obtenant ainsi la note maximale. Invérifiable, cette légende urbaine sert souvent d’illustration aux professeurs, pour bien faire comprendre aux élèves qu’une copie se doit d’être conforme au protocole scolaire, et éviter d’être farfelue.

Un autre mythe, bien moins connu, aborde cette fois la chimie. Une nouvelle fois invérifiable, souvent rattaché à l’université de Nanterre ou Montpellier, l’anecdote proviendrait en fait d’un centre universitaire américain, pour le peu qu’on en sache.

Durant une épreuve écrite de chimie, les étudiants se voient poser la question suivante : « l’enfer est-il exothermique ou endothermique ?« . En deux mots, évacue-t-il la chaleur, ou l’absorbe-t-il ? Pour y répondre, la majorité des étudiants ont utilisé la loi de Boyle, une des lois de la thermodynamique du gaz réel. Elle relie la pression et le volume d’un gaz réel à température constante. On trace ainsi une courbe isotherme du gaz. Mariotte et Boyle ont constaté, à quelques pour cent près, que la courbe p = f(V) était proche d’une hyperbole équilatère en coordonnées dites de Clapeyron (p,V) , soit pV = constante pour une température donnée constante.

En d’autres termes, maintenir la température constante pendant une augmentation de pression d’un gaz exige une diminution de volume. Inversement, la réduction de la pression du gaz passe par une augmentation de volume. La valeur exacte de la constante n’a pas besoin d’être connue pour appliquer la loi entre deux volumes de gaz sous des pressions différentes, à la même température :

Naturellement, un étudiant téméraire a délaissé à moitié les lois thermodynamiques, en optant pour quelque chose de bien plus trivial. Selon la légende, il aurait lui aussi obtenu la note maximale (ce qui nous prouve bien que sa copie demeure un mythe, de par son contenu osé, et la vacuité de ses propos) :

Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le temps. Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer. Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes n’en ressortiront plus. Du coup aucune âme ne sort. De même pour le calcul du nombre d’entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd’hui. La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d’une religion exprimant cette règle, et comme les gens n’appartiennent pas à plus d’une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer

Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par conséquent cela donne deux possibilités :

– Si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu’à ce que l’enfer éclate.

– Si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.

Laquelle choisir ? Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica m’ayant affirmé durant ma première année d’étudiant : «il fera froid en enfer avant que je couche avec toi», et en tenant compte du fait que j’ai couché avec elle la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être vraie. Ainsi, je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé … Le corollaire de cette théorie c’est que comme l’enfer a déjà gelé, il s’ensuit qu’il n’accepte plus aucune âme et du coup qu’il n’existe plus… Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l’existence d’un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n’arrêtait pas de crier « Oh… mon… Dieu ! ».

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

  • Franck | Papa Blogueur

    Il y a longtemps que je n’avais pas entendu ce postulat sur l’enfer. De mémoire, c’est justement à l’université ! :-D
    J’adore la fin par contre… lol

  • C’est peut-être une légende, mais moi j’y ai crue et j’ai voulu tester ! C’était mon premier examen de philo à la Sorbonne. Le sujet était, si je me souviens bien, le pouvoir de la parole. J’ai bondi sur l’occasion. J’ai donc écrit un poème sur le sujet et j’ai décidé de tenter le pari de rendre ma copie avec ce poème. En conclusion, j’ai écrit : « la séduction des mots exercera-t-elle son pouvoir ? C’est notre espoir !  » Mais, ça s’arrête là et le réel n’a pas rejoint le mythe. Je n’ai pas obtenu mon UV (examen). Espoir déçu ! En revanche, ce jour-là, j’ai eu la conviction de ce que je voulais faire dans ma vie. ECRIRE. J’ai commencé par quelques poèmes, des nouvelles, puis des articles sur Presse-Océan, France-soir, Aujourd’hui Paris, deux livres publiés sur l’Italie et maintenant des articles sur NetZ.
    Et vous ? Avez-vous vécu des situations similaires ?