Perception et lecture d’une image

Perception et lecture d’une image

Les sentiments que suscitent machinalement une image ou la manière dont elle est interprétée dépendent de plusieurs facteurs de composition. C’est grâce à ces paramètres qu’il est possible de modifier la façon dont cette image sera ressentie, pour une illustration comme pour une photographie.

Lorsque le regard s’arrête sur une image, il la parcourt communément de haut en bas et de gauche à droite, en zigzag, car l’œil est incapable de la percevoir dans sa globalité et doit en conséquent la balayer puis la reconstituer. Il peut de plus être attiré par une zone claire, régulière, de couleur chaude ou encore par une présence humaine (un visage surtout).

Le cadre

L’image carrée

L’image carrée, qui revient doucement à la mode en photo ces derniers temps, est un cas à part. Elle n’a pas nécessairement de sens de lecture, le regard étant principalement amené vers le centre. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle convient plus particulièrement aux formes géométriques et aux compositions strictes ; elle conserve à mon sens une certaine rigueur et une neutralité qui en font un excellent outil d’illustration.

L’image rectangle

Pour un format plus répandu, le rectangle, l’impact de l’image varie en fonction de l’orientation du cadre.

Une image horizontale induit un sentiment de calme et de distance, car c’est le format naturel du champ de vision humain, et aussi le sens principal du parcours de l’œil lorsque celui ci balaye l’image. Une image verticale sera à l’inverse plus fatigante pour le regard, et transmettra une impression d’action et de proximité.

La composition

Division du cadre

Horizontalement, l’image est traditionnellement perçue comme une frise chronologique. Les éléments placés à gauche évoqueront le passé et ceux de droite le futur, tout comme un personnage regardant vers la gauche suggère la nostalgie quand un regard tourné vers la droite et donc vers l’avenir traduit l’avancée etc…

Verticalement, la partie basse, la terre, représente le matériel et l’ancrage dans le réel alors que la partie haute, le ciel, est la spiritualité et l’impalpable voire le divin.

Les points

Le point aura tendance à focaliser l’attention du spectateur, surtout s’il se place sur une surface neutre. En fonction de sa position, il peut déséquilibrer une image (trop excentré), ou s’imposer comme pivot (trop centré).

Plusieurs points interagissent entre eux, s’ils sont au nombre de deux ils se renvoient le regard et lui imposent un mouvement de va-et-vient, s’ils sont plus nombreux (à partir de trois) et alignés ils sont perçus comme une ligne, et auront donc les propriétés de celle-ci, peut être un peu atténuées. Si les trois points ne sont pas alignés, ils forment un triangle optique qui peut permettre d’équilibrer l’image, à condition qu’un des côtés du triangle ne soit parallèle aux contours de celle-ci.

Les lignes

Qu’elles soient virtuelles (formées par un alignement de points) ou réelles, les lignes sont des éléments primordiaux de la composition ; les lignes horizontales posent l’image tout comme elles entraînent le regard et contribuent donc à l’élargissement de l’espace alors que les lignes verticales forment au contraire des « barreaux » qui arrêtent l’œil, restreignent l’image en largeur et lui donnent de la hauteur. Une image composée de ces deux types de lignes sera une image statique.

Les lignes obliques quant à elles induisent un dynamisme, et lorsqu’elles sont brisées un sentiment de désordre voire de déséquilibre, ou bien lorsqu’elles convergent elles contribuent à accentuer une impression de profondeur et centrent le regard.

Les diagonales, cas particulier de lignes obliques ; entre l’horizontale et la verticale, elles traduisent un mouvement plus ou moins fort. La diagonale ascendante (du coin inférieur gauche au coin supérieur droit) est considérée comme la plus harmonieuse, la diagonale descendant (du coin supérieur gauche au coin inférieur droit) suggère un très fort dynamisme.

Règles des tiers et harmonie

Une composition harmonieuse s’articule généralement autour de la règle des tiers, conséquence de la découverte du nombre d’or.

En effet le nombre d’or, égal à 1,618 correspond à la proportion idéale et a permis la mise en place de cette règle voulant qu’une image soit divisée en trois parties verticales et horizontales égales par des lignes nommées lignes de forces, au croisement desquelles se situent les points forts de l’image. Points par lesquels l’œil aura naturellement tendance à s’arrêter, et sur lesquels il convient donc de placer les éléments majeurs de l’image afin de leur conférer l’importance souhaitée.

Les couleurs

La couleur (ou son absence) est un élément majeur de l’image, mais l’impact qu’elle aura dépend en grande partie des goûts et de la personnalité de chacun. On peut cependant constater que les couleurs chaudes ont tendance à accrocher le regard et souvent à créer ou à renforcer un sentiment d’action ; les couleurs froides sont plus reposantes. La perception des couleurs est aussi très liée à leur symbolique (rouge : passion et force, bleu : paix et immatérialité, vert : calme et nature etc…)

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

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