iDorian
Hardcore gamer VS Casual gamer

Hardcore gamer VS Casual gamer

Mais qui donc se cache derrière ces appellations féroces ? Pourquoi la rivalité sévit entre les Casu et les HCG ? Quoiqu’il en soit, un élément les réunit : la passion du jeu !

Dans le monde, il est existe deux types de personnes : les Hardcore Gamers et les Casual Gamers. Tout le monde est d’ailleurs un gamer dans l’âme : en effet, qui peut se targuer de n’avoir jamais joué a un quelconque jeu vidéo ? Même pas sur votre iPhone ? Chez des amis ? Ni au bureau ? Vous êtes donc deux avec mon grand-père.

Quoiqu’il en soit, en route pour une petite étude approfondie des pathologies de jeu connues à ce jour…

  • Le Casual Gamer, késako ?

C’est un Hardcore Gamer qui s’ignore et qui joue à des casual games (des jeux vidéo plutôt simples, courts, qui ne demandent pas forcément une implication  importante (en terme de temps de jeu) ni de capacités vidéo-ludiques développées.

Le gameplay doit être simple (voire simpliste) et rapide à comprendre. Pour être simple, on pourrait opposer le Casual au Hardcore (mais cette comparaison hative est-elle bien justifiée ?).

  • Quand y’en a plus, y’en a Hardcore !

HardCore GamerLe Hardcore Gamer va passer la moindre petite seconde de son temps libre à jouer, ou du moins à penser à jouer ! C’est le genre de fanboy maigre, blanc avec les cheveux longs qui ne sort jamais de chez lui et passe son temps devant un écran de télé (un « bronzage cathodique » comme l’aurait dit une certaine secrétaire d’état à la vie numérique, NKM, pour ne pas la nommer).

Le casual, c’est plutôt une femme ou une fille qui ne passe que très peu de temps à jouer, elle passe d’un jeu à un autre sans s’attarder, sans approfondir, elle n’hésite pas à laisser sa partie sans la sauvegarder et sortir avec des copines ou faire les soldes ces temps-ci. Elle s’amuse alors que le Hardcore ne s’amuse plus : il joue pour la victoire et le défi (attention, idée préconçue inside).

Si l’on veut être plus proche de la vérité, le Hardcore gamer est un fan de jeux vidéos comme il existe des fans de cinéma ou de tuning, et comme souvent les passionnés le sont, il est mis au ban de la société. Le Hardcore Gamer va plus loin que le jeu. Il s’intéresse à la vie de la communauté, il s’intéresse à l’industrie des jeux vidéos, il vit sa passion, bref, un grand sensible quoi.

Le casual, lui, est plutôt un touche-à-tout, il va essayer, ne pas se prendre la tête, jouer quand il a le temps, et ne pas chercher à prendre le temps pour jouer, c’est cela qui va différencier les deux « catégories » de joueurs.

On entend souvent des critiques qui pointent du doigt le fait que les joueurs occasionnels sont très faciles à satisfaire, qu’il ne réfléchissent pas, etc. C’est faux : les casuals ont juste un système de valeurs vidéo-ludiques différent du notre (aïe ça y est, l’auteur est découvert, il se juge HCG). Il n’est pas plus difficile ou plus facile à satisfaire, il est juste différent. Un joueur acharné ne se satisfera pas uniquement d’un jeu avec des beaux graphisme et de la violence, il lui en faut pour son argent, il veut être pris dans l’histoire, la vivre… Des joueurs différents pour des jeux différents.

  • Casu ou HCG ? Choisissez votre camp !

Selon moi, ce sont les industriels du jeu vidéo qui ont créé ce fossé Casu/HCG. En effet, le secteur est devenu de plus en plus concurrentiel, les joueurs sont de plus en plus sollicités, la génération de l’essor des jeux vidéos est entrée, ou est en passe d’entrer dans la vie active et a donc de moins en moins de temps à consacrer à sa passion. Il est donc sans doute de plus en plus difficile de gagner sa vie dans ce secteur, il faut donc créer de nouveaux clients. Et tadam, il suffit d’attirer les gens qui ne jouent pas encore, avec des investissements moindre (quoique), on pourra gagner tout au moins rentabiliser, et pouquoi pas faire des bénéfices !

ManetteDe plus, les temps de transport s’allongent car on habite de plus en plus loin de son lieu de travail, le temps passé dans les transport peut être utilisé pour jouer rapidement sur son téléphone ou autre console portable. Les personnes ne jouant pas encore ont aussi du mal à comprendre le jeu vidéo et pour ne pas être « à la ramasse », s’y intéressent et trouvent dans la casual way of living une bouée à laquelle ils peuvent se raccrocher pour discuter avec certaines autres personnes. Et puis, également et tout simplement car ILS PRENNENT DU PLAISIR en jouant, et c’est bien là le principal. Enfin, depuis quelques années, la mode est lancée, on peut donc estimer qu’un certain nombre de joueurs joue pour être à la mode, tout simplement.

  • La genèse du phénomène :

Au premier jour du Casual Gaming vint Microsoft avec les premiers jeux, comme le solitaire et le démineur ensuite. Au fur et à mesure que le succès de ces jeux rapides se confirme, la firme américaine rajoute des nouveautés afin de satisfaire la faim sans cesse grandissante du petit Casu !

Au second jour du Casual Gaming, vint Nintendo avec son mythique TETRIS. En effet, ce jeu était extrêmement simple et à la portée de tout le monde. Nombre de personnes pouvait emprunter la Game Boy de son fils pour essayer d’aligner des cubes (c’est fou comme écrit ainsi, le principe de Tetris à l’air bête).

Au troisième jour du Casual Gaming, vinrent les sites internet proposant des jeux multi-joueurs nécessitant une connection ininterrompue pour garder les joueurs synchronisés. Ces jeux de type Trivial ou jeux de carte permettaient de se détendre au travail par exemple.

Au quatrième jour du Casual Gaming, vint Flash (pas Gordon, Flash tout court), avec ce nouvel outil, les développeurs peuvent désormais proposer des jeux de plus en plus construits (tout en gardant l’esprit casual attention) qui proposent des systèmes de sauvegarde via cookies ou des graphismes un peu plus léchés.

OldiesAu cinquième jour du Casual Gamig, vinrent les téléphones portables qui sont en général livrés avec un certain nombre de petits jeux tout bêtes que l’on peut débloquer en payant un peu. Ces jeux, souvent utilisés lors des transports ou dans les moments d’attente, ont démocratisé la casual attitude car tout le monde peut jouer (à partir du moment ou l’on a découvert l’onglet JEUX, ce que les enfants se chargent de faire très vite).

Au sixième jour, vint la Wii… Et là, l’industrie prend un grand tournant… En effet, c’est la première console de salon qui a pour cible principale les Casuals Gamers. En effet, elle est livrée avec un certain nombre de mini-jeux extra simples que tout le monde comprend (la majorité sont basés sur des sports ou des jeux déja existants). La force de ce concept fut la cohérence de la démarche. En effet, un lancement en grande pompe appuyé par une communication de masse (en tout cas en France) à la télévision montrant des personnes que l’inconscient collectif n’associait pas encore avec la possibilité de jouer à un jeu vidéo (personnes agées, jeunes filles, femmes, etc.). Ce fut d’ailleur un succès commercial assez rapidement. Nous approchons actuellement du septième jour de la Casual Attitude. Nous pouvons donc nous demander si ce concept va gentiement aller se reposer ou va-t-il perdurer ?

  • Quelles évolutions pour ce type de jeux ?

Au fil du temps, on pensait que le Casual gamer allait supplanter le bon vieux HCG, mais ce n’est pas si simple. On voit régulièrement des signaux contradictoires.

Tout d’abord, le Casual gaming se développe incontestablement, ce qui est porteur (on le voit avec les applications des téléphones portables, aux jeux disponibles sur les réseaux sociaux etc.). De plus, certains majors du secteur le font clairement sentir. Par exemple, Sega qui annonce très récemment la fin des jeux matures sur Wii… Après les résultats « sans commentaires » des derniers jeux de la firme, ils annoncent leur envie de faire du Casual et uniquement du Casual… C’est donc qu’ils pensent ce segment encore plus porteur, oui mais sur la Wii, pas sur les autres consoles de salon.

HardCore GamerOn voit aussi naître des accessoires étiquetés « joueurs occasionnels » sur des plateformes historiquement classés plus hardcore, en effet une enterprise viens de proposer une « Wiimote » pour PC, ce qui fait frémir notre fibre conservatrice, mais bref… D’un autre coté, certaines personnes assènent que les joueurs occasionnels ne dépensent pas autant que les Hardcore dans les jeux vidéos. C’est surement vrai qu’ils ne seront pas fidèle à un studio ou à une licence. C’est vrai également, qu’en ce moment on a clairement l’impression que certaines licences classées Hardcore sont sucées jusqu’à la moëlle avec nombres de jeux pas forcément innovants (il suffit de voir les résultats des Video Games Awards où de très nombreuses licences à tiroirs ont raflé les titres) et qu’il n’y a que très peu de place à l’innovation.

Les Hardcore vont peut être finir par se lasser de jouer sans cesse aux même jeux et se tourner vers des créations plus originales et donc peut-être plus casual. Au Royaume-Unis, certains points de vente ont envoyé un signal très fort aux éditeurs de jeux casuals, ils ne stockeront plus de compilations de mini-jeux. C’est donc clairement un retour aux sources, les Hardcore seront ravis en entrant dans les rayons.

Pour conclure cet article qui a très largement dérivé de mon idée de base, il semble clair maintenant que ces deux microcosmes vont continuer à avoir du mal à se comprendre. Cependant, aucun n’est le futur de l’autre et encore moins le passé. Ces deux cibles vont chacune s’affirmer pour que l’industrie se plie à ses envies. Et c’est normal. Une dernière catégorie de joueur n’a pas été abordée dans cet article, le serious gamer… C’est peut être là que les plus fortes évolutions vont se faire.

En bonus pour ceux qui ont lu jusqu’au bout, un jeu de mot que l’auteur n’a pas réusit à placer : le Casual gamer qui joue à Einstein…

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

  • Ros

    Le Casual Gaming a surtout été mis en avant par les industriels – avec recherche marketing qui va avec – car ils se sont rendus compte que les Gamers avaient mauvaise publicité, rapidement classé de Nolife. Cet archétype ayant hérité de tous les noms doux comme Geek, Nolife, Kévin (d’ailleurs, c’est ainsi que j’ai été baptisé, que Dieu me préserve) est un segment facile à satisfaire : avec des jeux toujours plus beau graphiquement (ce qui contribue vivement à l’industrie parallèle du hardware, un autre sujet à développer d’ailleurs), toujours plus sensationnel, toujours plus complexe, toujours plus de défi… mais au final, cette tranche concerne les 12-25 ans, ceux qui ont apparemment beaucoup de temps à perdre (et à investir dans les jeux). Le reste du gâteau restait à exploiter : 4-11 ans et 25-77 ans, soit 80% de potentiel.

    Les « non-concernés » sont devenus alors les nouvelles cibles à conquérir. Comment ? En proposant quelque chose de différent, mais universellement reconnu, partagé, éloigné des sentiers de ces jeunes au bronzage cathodique (sic) : des jeux simples, où l’aspect graphique n’est pas important (mais l’identité visuelle importante, comme Angry Birds), qui ne demandent pas « trop » de temps à consacrer pour se familiariser avec les commandes et comprendre le fonctionnement. Les manettes sensorielles comme les Wiimote et PSMove, ainsi que les écrans tactiles des smartphones/tablettes, et finalement les cameras de mouvement (Kinect) ont grandement facilité le détachement de la manette traditionnelle, rendant les jeux plus simples. Mais cela ne concerne pas uniquement l’univers console, Farmville et compagnie ont également séduit la majorité de nos contacts de la gente féminine, créant même des addictions… ironiquement, on se retrouve avec des Hardcore Gamers sur des Casual Games.

    Concrètement, tout le monde devient joueur et c’est ça qui compte pour les industriels : augmenter, diversifier et créer les cibles. Les 20% que « nous » étions n’était pas suffisant. Pourquoi cet air péjoratif ? Car les producteurs et éditeurs, toujours plus proches de leurs consommateurs, font pourtant moins en moins d’efforts pour créer un VRAI jeu. La plupart des jeux actuels ne sont que des suites de franchises à gros budgets marketing (Call of Duty pour ne pas citer) et arrivent à vendre des « cartes multijoueurs » sous forme de contenu additionnel (DLC) payant.

    A une certaine époque, ces DLC s’appelaient « patches », des mises à jours gratuites. De même, il était possible de créer ses propres univers et terrains de jeu, laissant libre court à la créativité des développeurs, confirmés ou non, mais néanmoins talentueux. Mais ces talents n’ont plus lieux d’être car les éditeurs ne laissent désormais plus rien en libre accès, pour éviter le piratage soit disant. Aujourd’hui, tout ce qui est modifiable sur un serveur, c’est le nombre de joueurs et l’ordre de changement de cartes… ce qui est très liberticide et ne laisse la place qu’à une seule manière de profiter d’un jeu. Et ça c’est triste, car nous rentrons dans un craquant marketing bien précis, nous, les marginaux « hardcore gamers ».

    Cette généralisation, cette catégorisation, cette façon de brider les esprits à ne penser que d’une seule manière en mettant de la poudre aux yeux via des spots TV publicitaires pour en faire un « must have » (ou « must play » dans notre cas) m’agace de plus en plus. Je ne diabolise pas les campagnes promotionnelles, car je suis heureux de voir ma passion dans les médias et l’actualité, on sort enfin des clichés. Mais en faire un bien de consommation comme les autres en simplifiant les aspects est décevant, car cela devient… superficiel. Pour certains jeux d’ailleurs, les éditeurs ne se donnent même plus la peine d’effectuer un portage complet et ont sent très vite qu’un jeu n’est pas optimisé d’une plateforme à une autre.

    Enfin la diversité des jeux et la durée de vie de leur scénario, comme le dernier opus mettant en scène un conflit mondial entre USA et Russie (non, pas Battlefield 3, l’autre qui est sorti deux semaines après, avec la même affiche mais d’une couleur différente) qui ne dépasse pas les 6h en solo.

    Au final, on dérive sur du moyen, accessible à tout le monde, où même les « Hardcore Games » sont étudiés pour le Casual Gamer. Les jeux sont de plus en plus beau, plus en plus réaliste, mais ça devient fade pour un joueur passionné.

    Voilà, c’était un commentaire pour prolonger l’article objectivement, déviant sur une grosse note personnelle pour ne pas dire un coup de gueule…

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