iDorian
Internet : libre arbitre et réflexes conditionnés

Internet : libre arbitre et réflexes conditionnés

Alors que la toile constitue un des derniers espaces de liberté dans cette société ravagée, où la manipulation de masse règne en maître, nous sommes pourtant conditionnés, presque à notre insu, et le surf jadis libre se réduit finalement à des réflexes conditionnés qui dénature le rôle même d’Internet…

Parti de constats triviaux quotidiens, je me permets donc de lister quelques-unes de nos actions révélatrices, qui prouvent Ô combien nous sommes asservis.

  • Le navigateur : fenêtre grande ouverte et porte fermée

Que ce soit Internet Explorer, Mozilla Firefox, Google Chrome, ou leurs confrères, les navigateurs constituent la pièce maîtresse de l’accès à Internet (après sa box, naturellement). Cependant, alors que grâce à eux la Toile entière nous est accessible, il est désormais d’usage de réduire sa navigation à ses favoris, et ses favoris seulement.

Jadis (oui, j’aime les mots du Moyen-Âge), j’aimais à naviguer à peu près partout, en quête de nouvelles découvertes, peu importe le contenu du site. Désormais, une fois mon navigateur ouvert, je me résous (presque malgré moi) à consulter les mises à jour de mes flux RSS, à jouer au voyeur sur les réseaux sociaux, ou à regarder la dernière connerie publier sur Youtube.

Du stade d’explorateur avide de découverte, j’atteins peu à peu le stade de bœuf lobotomisé : constat affligeant !

  • Les réseaux sociaux : le comble de la servitude

Tellement bien pensés, car faisant appel à notre curiosité d’humain débile, les réseaux sociaux se jouent de notre avidité en nous ouvrant les portes du voyeurisme nouveau.

L’excitation est inévitable, lorsque on aime à naviguer entre les statuts triviaux de ses « amis » (j’aime la notion de l’amitié, surtout sur Internet…), sans oublier les groupes très recherchés (je cite au hasard « tu es tombé ? non, j’en avais marre d’être debout connard ») ou encore les jeux chronophages du type FarmVille, qui annihilent le peu d’intelligence qu’il nous reste.

Le social-networking s’assure ainsi de modeler nos actions : sa fin de journée n’est pas parfaite si on n’a pas étalé ses actions devant tous ses amis, du genre « j’ai fait caca, et ça va mieux » !

  • La critique est facile, mais l’art est difficile

Autre constat relativement néfaste, les réactions des internautes. Alors qu’Internet constitue un lieu d’expression privilégié, où tout le monde pourrait (notez bien le conditionnel) s’exprimer sainement, peu importe son point de vue, les commentaires sont pourtant l’apanage de coups de gueules insensés, et de méchanceté gratuite.

Que ce soit une vidéo, un article, un tweet, ou quoique ce soit d’un tant soit peu interactif, les inévitables « râleurs » s’en donnent toujours à cœur joie, et s’en suit des joutes verbales interminables… qui ne mènent à rien, sinon à « j’ai eu le dernier mot ».

Je me permets donc de rappeler au adorateurs du « c’est de la merde » et autre « c’est un fake » que derrière chaque média se cache un individu, réel, qui a peut-être œuvré durement pour telle ou telle cause. Mettez-vous à sa place et réfléchissez (si vous le pouvez) : comment réagiriez-vous face à un flot de connerie gratuite ? (réfléchissez-encore !).

Je pourrais naturellement continuer pendant des heures, mais les exemples les plus flagrants ont déjà été énoncés. Songeons-y : sommes-nous vraiment libre ? Pouvons-nous l’être ?

  • Le saviez-vous ?

Le réflexe de Pavlov est un réflexe conditionnel mis en évidence par Ivan Petrovitch Pavlov qui lui a donné son nom. On dit souvent conditionnement pavlovien.À partir de 1889 le physiologiste montra que si l’on accoutumait un chien à accompagner sa nourriture d’un stimulus sonore, ce dernier pouvait à la longue déclencher la salivation de l’animal sans être accompagné de nourriture.

En fait, il est démontré que la sécrétion de la salive peut être provoquée par un contact direct avec la nourriture ou par un stimulus lié à celle-ci, tel un son de cloche par exemple. Pavlov a fait considérablement avancer les recherches sur les réflexes conditionnels. Ces réflexes peuvent s’apparenter à une réaction involontaire, non innée, provoquée par un stimulus extérieur. Pavlov a développé la théorie selon laquelle les réactions acquises par apprentissage et habitude deviennent des réflexes lorsque le cerveau fait les liens entre le stimulus et l’action qui suit.

Pavlov décrit deux types de réflexes, les réflexes innés, déjà présents à la naissance, et les réflexes conditionnels, ceux que l’on acquiert avec l’apprentissage. C’est sur cela qu’il se base pour faire avancer sa théorie et donner corps à cette idée. Il se lance donc dans des études sur le conditionnement des réflexes. Pour appuyer ce qu’il avance, Ivan Pavlov expérimenta sa théorie sur un chien. Prônant la voie de l’expérimentation, il fut l’un des premiers scientifiques à imposer l’utilisation d’animaux intacts ou n’ayant subi que de faibles interventions.Le réflexe de Pavlov a été récemment découvert chez la blatte par deux chercheurs japonais.

L'auteur : iDorian

Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.

  • Moi je suis stimulé par la sonorité de MSN, lol.

  • Soucix

    Bien fait cet article ! Bon bah, pour la peine, tu feras ne pas parti de mes favoris… lol !

    Bonne continuation au blog jeune homme cynique.

  • @Osthato : J’avoue que j’y ai pensé, mais ce « stimulus » peut facilement être contré par la simple désactivation du son de l’ordinateur. L’utilisateur a donc le dessus, pour une fois !

    @Soucix : Pourquoi tant de cruauté, lol ?! Au passage, tu m’as fait penser à l’ajout d’une fonctionnalité concernant les favoris… merci !

  • un franco belge anonyme

    C’est bien parce que c’est toi et que ça mérite un commentaire… :p
    Pas grand chose a ajouter…

    J’avoue que l’heure tardive et le repas pantagruélique que j’ai pris ne m’aident pas à activer mes neurones !